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C'est vrai qu'il est temps d'en finir avec cette maltraitance : ces famille...11/01/2010 21:32 - FIFI -
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L'Homoparentalité, toujours le flou juridique
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FaMiLLe
Parents : sommes nous toujours les mêmes ?
Mardi 29 Juin 2010
Le XVIIIè siècle, grâce aux reflexions de nombreux philosophes, semble jeter les bases de l'éducation actuelle. Mais sommes nous toujours les mêmes parents ? Comment les hommes et les femmes du 18è, s'inscrivaient en temps que parents ?
Quelless interrogations, quelles craintes, quelles attentes mais aussi quels bouleversement dans la vision de la place de l'enfant ?
Mardi 22 Juin, "Bienvenue chez vous" , répond à ces questions, en compagnie de Stéphane Gautier (service art et histoire pour la ville de Vitré) et Gaëlle Buteau (pdte association 9 lunes et des poussières - Vitré).
L'enfant en question avant le XIXème siècle
Dans un remarquable ouvrage intitulé L’enfant et la famille sous l’Ancien Régime, Philippe Aries avait démontré que la famille, au sens ou nous l’entendons, était une invention récente de la bourgeoisie du 19ème siècle.
Le prima de la famille dans l’éducation, la conscience même des parents d’occuper un rôle éducatif est donc une acquisition récente. (Le fait que la conscience en soit récente ne voulant pas pour autant dire qu’il n’y avait pas de rôle éducatif !)
De multiples sociétés avant nous et aujourd’hui de part le monde n’attachent à ce rôle qu’une importance secondaire par rapport à d’autres lieux d’intégration de la norme. Il y a bien sûr l’école mais, là aussi, sa création est récente au regard de l’Histoire. Des parents indignes ou simplement dépassés, voire inadéquats, ont toujours existé sans pour autant que leur progéniture en soit nécessairement gravement préjudiciée, ou tombe dans la délinquance ou l’incivilité.
Chacun prendra la mesure du paradoxe contemporain qui résulte de l'exaltation incantatoire du modèle familial traditionnel et cette sorte d’inaptitude de plus en plus répandue à occuper valablement et surtout durablement les fonctions parentales. Jacques Attali, dans l’Express du 31 août 2000, résumait cette contradiction en ces termes : Eriger la protection de la famille en priorité est une manifestation d’humour involontaire dans un pays, (La France) où près de la moitié des mariages sont rompus en moins de sept ans, où le tiers des enfants est élevé par des mères célibataires, et où un lien très clair est établi entre délinquance, pauvreté et rupture des liens familiaux. Et Jacques Attali de faire remarquer que de plus en plus d’hommes politiques, et pas seulement au Etats-Unis, mettent en scène leur famille « idéale et traditionnelle » dans le cadre de leur campagne électorale. Quand le politique met en scène un enjeu, c’est qu’il n’est plus capable de le résoudre conclut Attali.
Certaines personnes pensent que la maltraitance des enfants est un phénomène nouveau lié à l’évolution de notre société contemporaine. Mais si on se penche plus attentivement sur la question, on est bien forcé de constater que l’histoire de l’humanité est jalonnée de violences de tous ordres à l’égard des enfants.
Ainsi dans les écoles sumériennes il y a 5000 ans, il existait un homme chargé du fouet qui avait pour tâche de punir les enfants pour n’importe quel prétexte. Plus tard, dans de nombreuses familles chrétiennes, les enfants étaient fouettés le jour des Innocents afin qu’ils n’oublient pas le calvaire que des milliers d’enfants auraient enduré sous le règne d’Hérode. Tout au long de l'Histoire, Les périodes de répit pour l’enfant n’étaient que de courte durée même si certaines personnes comme Platon (400 Av. J.-C.), suggéraient déjà qu’il serait plus payant d’utiliser le jeu que la violence pour instruire les enfants.
L’enfant n’a donc pas toujours été considéré comme un être fragile, un sujet à part entière nécessitant une considération et une protection particulière. A l’époque médiévale, il n’existait toujours pas de conscience de la particularité infantile. Autrement dit, tout porte à croire qu’il n’y avait pas de place pour l’enfant dans ce monde, que le sentiment de l’enfance n’existait pas. Cela ne veut pas dire que les enfants étaient pour autant négligés, abandonnés ou même méprisés, mais plutôt qu’il n’y avait pas de distinction entre l’enfant et l’adulte. Dès que l’enfant n’avait plus un besoin constant d’être avec sa mère ou sa nourrice, il appartenait alors à la société des adultes. Ainsi, tout comme l’adulte, l’enfant partait à la guerre, effectuait les mêmes tâches et participait aux mêmes jeux. Dans son ouvrage Philippe Ariès , situe l’apparition du sentiment de l’enfant au XVIIe siècle. L’enfant, qui jusque là était considéré comme une valeur marchande, devient progressivement l’objet d’une attention nouvelle de la part des aînés. Il y a maintenant une tendance à ne plus mélanger, à ne plus confondre ces deux mondes que sont l’enfance et l’âge adulte. Mais cette conscience de la particularité infantile va se dérouler en deux temps.
L’enfant se retrouve alors au centre de l’organisation familiale et devient objet de jeux des adultes ou d’attitudes appelées « mignotages ». Autrement dit, il constitue, par sa naïveté, sa gentillesse et sa drôlerie une source d’amusement et de détente pour l’adulte. Ce dernier ose à présent exprimer le plaisir qu’il a de jouer, de « mignoter » avec l’enfant. Ceci dit, ce genre de relation était assez puéril, en ce sens où l’enfant était considéré comme objet de jeux et non comme sujet. Ces actes de « mignotage » vont d’ailleurs être soumis assez rapidement à de nombreuses contestations. C’est ainsi qu’apparaît, toujours au XVIIe siècle, le second sentiment de l’enfance qui, à l’inverse du premier, ne provient pas de la famille. Ce sont en effet les hommes d’Eglise et les moralistes qui, soucieux de l’enfant, vont s’opposer vivement à cette manière de le considérer comme un jouet. Aussi, suite à ces contestations, cette relation en terme d’enfantillage va très vite disparaître pour laisser place à l’intérêt psychologique et au souci moral. L’enfant est un être transitoire qu’il faut aider à se développer au mieux. L’apparition de ce second sentiment marque un passage important dans l’histoire de l’enfant, dans la mesure où il va inspirer toute l’éducation jusqu’au XXe siècle. Notons toutefois que les sources utilisées par Ph. Ariès sont issues de la noblesse et de la haute bourgeoisie. Aussi, E. Shorter (1977), historien anglais, considère, quant à lui, que l’insouciance maternelle à l’égard des nouveaux-nés s’est maintenue dans les classes populaires jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Les raisons essentielles étant la précarité des conditions matérielles, ainsi que les pressions et les exigences de la communauté.
Vers la fin du XVIIIe siècle, dans la filiation de la philosophie des lumières et poursuivant l’approche rationaliste des encyclopédistes, Jean-Jacques Rousseau va considérer l’enfant comme porteur de potentialités et de besoins propres. Il est vrai que le philosophe précurseur tant de la psychologie que de la sociologie va s’interroger sur l’état de nature (« L’Emile ») et sur l’organisation sociale conçue comme un abandon de la toute puissance individuelle au profit d’une plus grande sécurité collective (« Le contrat social »). Une telle révolution des mœurs du temps, véritable contestation fondamentale de l’absolutisme en vigueur, présuppose par essence une évolution telle des mentalités qu’elle ne peut se concevoir sans une pédagogie qui ne se limite plus à la simple intégration des comportements par mimétisme et par la contrainte. Il convient de former les consciences, d’élever des individus pensants capables de concevoir l’intérêt collectif au delà du « donné » initial.
Extrait de l'intervention de Jacques Rihoux lors de la journée d'étude "Comparaison internationale des systèmes – la protection de l'enfance sur les trois versants" du 24 novembre 2009 à Nancy.
Dans un remarquable ouvrage intitulé L’enfant et la famille sous l’Ancien Régime, Philippe Aries avait démontré que la famille, au sens ou nous l’entendons, était une invention récente de la bourgeoisie du 19ème siècle.
Le prima de la famille dans l’éducation, la conscience même des parents d’occuper un rôle éducatif est donc une acquisition récente. (Le fait que la conscience en soit récente ne voulant pas pour autant dire qu’il n’y avait pas de rôle éducatif !)
De multiples sociétés avant nous et aujourd’hui de part le monde n’attachent à ce rôle qu’une importance secondaire par rapport à d’autres lieux d’intégration de la norme. Il y a bien sûr l’école mais, là aussi, sa création est récente au regard de l’Histoire. Des parents indignes ou simplement dépassés, voire inadéquats, ont toujours existé sans pour autant que leur progéniture en soit nécessairement gravement préjudiciée, ou tombe dans la délinquance ou l’incivilité.
Chacun prendra la mesure du paradoxe contemporain qui résulte de l'exaltation incantatoire du modèle familial traditionnel et cette sorte d’inaptitude de plus en plus répandue à occuper valablement et surtout durablement les fonctions parentales. Jacques Attali, dans l’Express du 31 août 2000, résumait cette contradiction en ces termes : Eriger la protection de la famille en priorité est une manifestation d’humour involontaire dans un pays, (La France) où près de la moitié des mariages sont rompus en moins de sept ans, où le tiers des enfants est élevé par des mères célibataires, et où un lien très clair est établi entre délinquance, pauvreté et rupture des liens familiaux. Et Jacques Attali de faire remarquer que de plus en plus d’hommes politiques, et pas seulement au Etats-Unis, mettent en scène leur famille « idéale et traditionnelle » dans le cadre de leur campagne électorale. Quand le politique met en scène un enjeu, c’est qu’il n’est plus capable de le résoudre conclut Attali.
Certaines personnes pensent que la maltraitance des enfants est un phénomène nouveau lié à l’évolution de notre société contemporaine. Mais si on se penche plus attentivement sur la question, on est bien forcé de constater que l’histoire de l’humanité est jalonnée de violences de tous ordres à l’égard des enfants.
Ainsi dans les écoles sumériennes il y a 5000 ans, il existait un homme chargé du fouet qui avait pour tâche de punir les enfants pour n’importe quel prétexte. Plus tard, dans de nombreuses familles chrétiennes, les enfants étaient fouettés le jour des Innocents afin qu’ils n’oublient pas le calvaire que des milliers d’enfants auraient enduré sous le règne d’Hérode. Tout au long de l'Histoire, Les périodes de répit pour l’enfant n’étaient que de courte durée même si certaines personnes comme Platon (400 Av. J.-C.), suggéraient déjà qu’il serait plus payant d’utiliser le jeu que la violence pour instruire les enfants.
L’enfant n’a donc pas toujours été considéré comme un être fragile, un sujet à part entière nécessitant une considération et une protection particulière. A l’époque médiévale, il n’existait toujours pas de conscience de la particularité infantile. Autrement dit, tout porte à croire qu’il n’y avait pas de place pour l’enfant dans ce monde, que le sentiment de l’enfance n’existait pas. Cela ne veut pas dire que les enfants étaient pour autant négligés, abandonnés ou même méprisés, mais plutôt qu’il n’y avait pas de distinction entre l’enfant et l’adulte. Dès que l’enfant n’avait plus un besoin constant d’être avec sa mère ou sa nourrice, il appartenait alors à la société des adultes. Ainsi, tout comme l’adulte, l’enfant partait à la guerre, effectuait les mêmes tâches et participait aux mêmes jeux. Dans son ouvrage Philippe Ariès , situe l’apparition du sentiment de l’enfant au XVIIe siècle. L’enfant, qui jusque là était considéré comme une valeur marchande, devient progressivement l’objet d’une attention nouvelle de la part des aînés. Il y a maintenant une tendance à ne plus mélanger, à ne plus confondre ces deux mondes que sont l’enfance et l’âge adulte. Mais cette conscience de la particularité infantile va se dérouler en deux temps.
L’enfant se retrouve alors au centre de l’organisation familiale et devient objet de jeux des adultes ou d’attitudes appelées « mignotages ». Autrement dit, il constitue, par sa naïveté, sa gentillesse et sa drôlerie une source d’amusement et de détente pour l’adulte. Ce dernier ose à présent exprimer le plaisir qu’il a de jouer, de « mignoter » avec l’enfant. Ceci dit, ce genre de relation était assez puéril, en ce sens où l’enfant était considéré comme objet de jeux et non comme sujet. Ces actes de « mignotage » vont d’ailleurs être soumis assez rapidement à de nombreuses contestations. C’est ainsi qu’apparaît, toujours au XVIIe siècle, le second sentiment de l’enfance qui, à l’inverse du premier, ne provient pas de la famille. Ce sont en effet les hommes d’Eglise et les moralistes qui, soucieux de l’enfant, vont s’opposer vivement à cette manière de le considérer comme un jouet. Aussi, suite à ces contestations, cette relation en terme d’enfantillage va très vite disparaître pour laisser place à l’intérêt psychologique et au souci moral. L’enfant est un être transitoire qu’il faut aider à se développer au mieux. L’apparition de ce second sentiment marque un passage important dans l’histoire de l’enfant, dans la mesure où il va inspirer toute l’éducation jusqu’au XXe siècle. Notons toutefois que les sources utilisées par Ph. Ariès sont issues de la noblesse et de la haute bourgeoisie. Aussi, E. Shorter (1977), historien anglais, considère, quant à lui, que l’insouciance maternelle à l’égard des nouveaux-nés s’est maintenue dans les classes populaires jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Les raisons essentielles étant la précarité des conditions matérielles, ainsi que les pressions et les exigences de la communauté.
Vers la fin du XVIIIe siècle, dans la filiation de la philosophie des lumières et poursuivant l’approche rationaliste des encyclopédistes, Jean-Jacques Rousseau va considérer l’enfant comme porteur de potentialités et de besoins propres. Il est vrai que le philosophe précurseur tant de la psychologie que de la sociologie va s’interroger sur l’état de nature (« L’Emile ») et sur l’organisation sociale conçue comme un abandon de la toute puissance individuelle au profit d’une plus grande sécurité collective (« Le contrat social »). Une telle révolution des mœurs du temps, véritable contestation fondamentale de l’absolutisme en vigueur, présuppose par essence une évolution telle des mentalités qu’elle ne peut se concevoir sans une pédagogie qui ne se limite plus à la simple intégration des comportements par mimétisme et par la contrainte. Il convient de former les consciences, d’élever des individus pensants capables de concevoir l’intérêt collectif au delà du « donné » initial.
Extrait de l'intervention de Jacques Rihoux lors de la journée d'étude "Comparaison internationale des systèmes – la protection de l'enfance sur les trois versants" du 24 novembre 2009 à Nancy.
http://www.zenithfm.fr/downloads/Bienvenue-chez-vous_t7854.html
Sonia Martin
Rédigé par Sonia Martin le Mardi 29 Juin 2010 à 16:13
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