Football
Comme chaque lundi, Antoine Grenapin livre ses impressions sur le dernier week-end sportif. Aujourd’hui, retour sur une Coupe de France devenue bretonne.
La Bretagne est terre d’hommes. Et de caractère. L’identification à cette terre, balayée par les vents, secouée par les pluies, est plus que d’actualité. Sommes-nous bretons, français, européens ? Si l’interrogation mérite d’être posée, ce dernier week-end ne nous a rien prouvé. L’hymne breton qui a retenti dans le stade de France samedi dernier n’était pas, en toute honnêteté, chantés par les quelques 80 000 personnes présentes. Mais les drapeaux bretons flottaient à perte de vue. Le rouge, le noir et le blanc semblaient épouser la plus belle enceinte du sport français.
La Bretagne débarquait à Paris avec son flot de bigoudens déjantées, d’Obélix aux grosses moustaches, baigné par une odeur de houblon qui sent bon les festivals estivals. L’esplanade du stade de France avait donc, samedi, des allures de grandes kermesses, de gigantesque fez-noz où parties de palets improvisées et terrasses de cafés nous rapprochait plus des ruelles vitréennes que du dédale de la Seine-Saint-Denis. Si le breton ne s’identifie pas toujours comme tel, le football – samedi tout du moins - l’était.
Les aires de « chez nous » étaient propulsées dans les enceintes du Stade et les drapeaux aux hermines s’agitait. Il y avait du plaisir dans cette ambiance, mais aussi un côté quasi-solennel, presque mystique. La France du ballon rond, ses dirigeants, ses journalistes et son public, paraissait rendre hommage à une terre où le ballon est passion. Car, au-delà des biens-heureux ayant acquis une place samedi, des milliers de bretons, footballeurs amateurs ou passionnés du dimanche se sont retrouvés autour d’une table pour prolonger la journée marqué par le match de l’équipe de la ville.
Quand 80 000 bretons s’époumonent en Seine-Saint-Denis, ils valorisent ses équipes, innombrables dans la région. On pense à Vannes, héros déchus de la Coupe de la Ligue, mais aussi à Brest (Ligue 2), Plabennec (CFA) et à nos deux clubs vitréens. Et puis il y a les clubs de village, où le niveau compte moins que la victoire, où le regard est déterminé, le public passionné. Ce fut le cas, vendredi, à Argentré, lorsque la deuxième équipe s’impose face à un sombre adversaire (on dit qu’il s’agit d’une ville près de Fougères) aux tirs aux buts. La joie des supporters présents, le sourire des bénévoles à la buvette et la fougue des joueurs argentréens qui se congratulent à quelques encablures du cloché. Cette image-là, intense, redonne au football ses lettres de noblesse. Et c’est de cela dont il fut question, tout le week-end.
En ces quelques lignes, mélanges difformes d’informations, on ne parle pas du match. On aurait put souligner l’agilité du brésilien – breton d’un soir ? – Eduardo, l’excellant travail de Victor Zvunka ou la malédiction rennaise. Le beau parcours guingampais est histoire par son essence. Mais au carrefour des matchs, il y a des histoires d’hommes. Et, quand il s’agit de bretons, personne ne peut sans lasser.
*En référence au titre du quotidien L’Equipe au lendemain de la victoire de la France à la Coupe du Monde 1998
La Bretagne débarquait à Paris avec son flot de bigoudens déjantées, d’Obélix aux grosses moustaches, baigné par une odeur de houblon qui sent bon les festivals estivals. L’esplanade du stade de France avait donc, samedi, des allures de grandes kermesses, de gigantesque fez-noz où parties de palets improvisées et terrasses de cafés nous rapprochait plus des ruelles vitréennes que du dédale de la Seine-Saint-Denis. Si le breton ne s’identifie pas toujours comme tel, le football – samedi tout du moins - l’était.
Les aires de « chez nous » étaient propulsées dans les enceintes du Stade et les drapeaux aux hermines s’agitait. Il y avait du plaisir dans cette ambiance, mais aussi un côté quasi-solennel, presque mystique. La France du ballon rond, ses dirigeants, ses journalistes et son public, paraissait rendre hommage à une terre où le ballon est passion. Car, au-delà des biens-heureux ayant acquis une place samedi, des milliers de bretons, footballeurs amateurs ou passionnés du dimanche se sont retrouvés autour d’une table pour prolonger la journée marqué par le match de l’équipe de la ville.
Quand 80 000 bretons s’époumonent en Seine-Saint-Denis, ils valorisent ses équipes, innombrables dans la région. On pense à Vannes, héros déchus de la Coupe de la Ligue, mais aussi à Brest (Ligue 2), Plabennec (CFA) et à nos deux clubs vitréens. Et puis il y a les clubs de village, où le niveau compte moins que la victoire, où le regard est déterminé, le public passionné. Ce fut le cas, vendredi, à Argentré, lorsque la deuxième équipe s’impose face à un sombre adversaire (on dit qu’il s’agit d’une ville près de Fougères) aux tirs aux buts. La joie des supporters présents, le sourire des bénévoles à la buvette et la fougue des joueurs argentréens qui se congratulent à quelques encablures du cloché. Cette image-là, intense, redonne au football ses lettres de noblesse. Et c’est de cela dont il fut question, tout le week-end.
En ces quelques lignes, mélanges difformes d’informations, on ne parle pas du match. On aurait put souligner l’agilité du brésilien – breton d’un soir ? – Eduardo, l’excellant travail de Victor Zvunka ou la malédiction rennaise. Le beau parcours guingampais est histoire par son essence. Mais au carrefour des matchs, il y a des histoires d’hommes. Et, quand il s’agit de bretons, personne ne peut sans lasser.
*En référence au titre du quotidien L’Equipe au lendemain de la victoire de la France à la Coupe du Monde 1998





